Dans la plupart des pays de la CEDEAO, les systèmes de santé sont centrés sur la maladie. Ils sont donc hyper médicalisés et ne s’imbriquent pas suffisamment avec les autres secteurs pour assurer le bien-être des populations. Ce qu’a obtenu l’OOAS au Togo à Lomé, c’est un consensus autour des normes et principes d’un nouveau système qui met les populations elles-mêmes, au cœur de la résolution de leurs problèmes de santé.
Après la déclaration d’Alma Ata au Kazakhstan en 1978, plusieurs autres conférences se sont succédé, pour définir des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et ensuite des Objectifs du Développement Durable (ODD). Malheureusement, les résultats attendus dans la mise en œuvre de ces diverses approches de santé n’ont jamais été atteints. Curieusement, les ressources humaines de santé sont de plus en plus qualifiées, les hôpitaux mieux équipés.
Participation des bénéficiaires directs
En organisant la conférence de consensus sur les normes et principes de la santé communautaire, l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS) veut revenir aux fondamentaux de la déclaration de Alma Ata.
En son point 4, cette déclaration soulignait que “tout être humain a le droit et le devoir de participer individuellement et collectivement à la planification et à la mise en œuvre des soins de santé qui lui sont destinés”.
Après la rencontre de Lomé, l’implication des populations dans la résolution de leur problème de santé devrait être effective. Le nouveau système devrait travailler avec des “agents de santé communautaire” pour une meilleure participation des communautés à la prévention des maladies et pourquoi pas au financement de l’action sanitaire.
D’ailleurs pour le Directeur général de l’OOAS, “le financement de la santé communautaire doit être avant tout domestique (local) et cesser d’être tributaire des partenaires techniques et financiers”. Les ressources financières ne devraient plus être également concentrées dans les ministères de la santé mais redistribués dans tous les autres secteurs.
Implication des autres secteurs socio-économiques
“Il vaut mieux appuyer les ministères qui ont des effets positifs sur les déterminants de la santé que de construire des infrastructures de prise en charge des maladies. Exemple, pour réduire les taux de prévalence du paludisme dans nos pays, il vaut mieux appuyer les ministères de cadre de vie’’, a suggéré le Directeur général de l’OOAS. Melchior Athanase Joël C. Aïssi appelait ainsi, les pays à impliquer tous les autres secteurs de développement dans la quête de la santé pour tous.
Après l’Assemblée des ministres de Santé, les pays devraient s’approprier le document sur les normes et principes consensuels de santé communautaire. Une implémentation rigoureuse de ces consignes pourrait améliorer les indicateurs de santé.