En février 2025, Transparency International rendait public son rapport annuel sur l’Indice de perception de la corruption (IPC) 2024 dans le monde. Plus d’un mois après la publication du document, le Secrétaire général du Haut-commissariat à la prévention de la corruption remet en question le rang attribué au Bénin, au regard des réformes effectuées par le pays.
Le rapport publié le 11 février 2025 montre que le niveau de corruption est alarmant à l’échelle mondiale, mais le Bénin fait des progrès. Selon Transparency International, le pays a gagné deux points en 2024 par rapport à l’année 2023 en passant donc du 70è rang mondial à la 69è place avec un score de 45/100.
Ce classement est loin de refléter la réalité béninoise d’après le Haut-commissariat à la prévention de la corruption au Bénin. Son secrétaire général, Olivier Charles Atindehou, note des insuffisances dans le rapport. “Le Haut-commissariat à la prévention de la corruption estime que 45, 46, 50 ne correspond pas à ce qui est fait depuis 2016”, a réagi Olivier Charles Atindehou.
De nombreuses “réformes effectives et efficaces” ont été faites au Bénin. C’est pourquoi, “ces chiffres ne me parlent pas”, a soutenu M. Atindehou.
“En Sciences économiques et sociales, on a toujours dit aux étudiants comment calculer l’indice et à quoi il correspond. Il permet de mesurer l’évolution dans le temps, sur l’échelle de temps”, a assuré l’enseignant chercheur et secrétaire général du Haut-commissariat à la prévention de la corruption avant d’ajouter :
“Mais l’évolution de quoi exactement ? On doit se poser la question. Est-ce une évolution d’une série de réformes, de répressions ou d’inter-subjectivité ?”
M. Atindehou propose que les pays africains se dotent de leur propre baromètre afin de traduire réellement leurs réalités.
Données pour mesurer la corruption selon Transparency International
Pour Transparency international, les indices de perception de la corruption dans le secteur public ont été obtenus à partir de plusieurs données. L’organisation internationale non gouvernementale d’origine allemande annonce avoir, dans sa collecte d’informations sur les traces de la corruption, mis l’accent sur entre autres :
- Le détournement de fonds publics
- Les fonctionnaires utilisant leur fonction publique à des fins privées sans subir de conséquences
- La capacité des gouvernements à contenir la corruption dans le secteur public
- Les nominations népotiques dans la fonction publique
- La protection juridique des personnes qui signalent des cas de pots-de-vin et de corruption