A la UneInternational

Guinée-Bissau : un gouvernement de transition nommé malgré les condamnations du coup d’Etat

Tout va vite en Guinée-Bissau quelques jours après le coup d’Etat contre le président Umaru Sissoco Embalo. Ce samedi 29 novembre, un nouveau gouvernement de transition a été nommé par le nouvel homme fort du pays, le Général Horta N’Tam. Pendant ce temps, le président déchu a quitté le pays.

Le gouvernement de transition est composé de 28 membres, en majorité des civils. Il compte également cinq officiers, dont le général de brigade Mamasaliu Embalo, nommé au poste de ministre de l’Intérieur, et le général Stive Lassana Manssaly qui occupe le portefeuille de la Défense nationale. Quatre femmes intègrent aussi le gouvernement.

A la tête de l’équipe gouvernementale se trouve Ilidio Vieira Té nommé Premier ministre et ministre des Finances dès le lendemain du coup d’Etat du 26 novembre. Il n’est personne d’autre que l’ancien ministre des Finances du président renversé.

Lire aussi

Umaro Sissoco Embalo exilé à Brazzaville

Brièvement arrêté par les militaires le 26 novembre, puis parti au Sénégal jeudi dans un vol affrété par le gouvernement sénégalais, le président déchu “est arrivé à Brazzaville pour y rester”, selon des sources de l’Agence France Presse.

Umaro Sissoco Embalo, 53 ans, est réputé proche du président congolais Denis Sassou Nguesso, et s’est rendu à plusieurs reprises en visite au Congo.

Coup “factice”

La prise de pouvoir par les militaires a été largement critiquée, notamment par le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres qui a dénoncé une “violation des principes démocratiques”.

La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a suspendu la Guinée-Bissau de “tous ses organes décisionnels”. L’Union africaine (UA) a également suspendu le pays de ses instances.

Samedi, le président du Conseil des Sages et ancien chef d’Etat du Nigeria, Goodluck Jonathan, qui faisait partie des observateurs des scrutins du 23 novembre, a à nouveau affirmé que le coup d’état était selon lui “factice“. “C’est une cérémonie mise en scène par le chef de l’Etat (Embalo, NDLR) lui même“, a-t-il accusé. “Nous sommes fatigués de tout cela en Afrique….”, a fustigé Goodluck Jonathan

Echauffourées

Le principal opposant Domingos Simoes Pereira – dirigeant du Parti Africain pour l’Indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), formation d’opposition, avait été écarté de la présidentielle du 23 novembre. Le parti avait ensuite soutenu le candidat d’opposition Fernando Dias, devenu le principal adversaire de M. Embalo lors du scrutin.

Dans une déclaration jeudi à l’AFP, M. Dias affirme avoir largement remporté la présidentielle au premier tour et accuse M. Embalo d’avoir “organisé” le coup d’Etat pour empêcher son accession au pouvoir.

Par ailleurs, des échauffourées mineures ont eu lieu samedi dans la matinée dans un quartier périphérique de Bissau, non loin du siège de campagne de Fernando Dias.

La Guinée-Bissau, située entre le Sénégal et la Guinée (Conakry), a déjà connu quatre coups d’Etat et une kyrielle de tentatives de putsch depuis son indépendance du Portugal en 1974. La proclamation des résultats électoraux y a souvent donné lieu à des contestations.

Avec AFP

Articles similaires

Coup d’Etat déjoué : l’armée nigériane reçue par le président Patrice Talon

SRTB

Coup d’Etat déjoué du 7 décembre : les révélations du Gouvernement

SRTB

Coup d’Etat déjoué du 7 décembre : les présidents d’institutions de la République dénoncent “une attaque intolérable”

SRTB
Chargement....