La Guinée-Bissau a basculé ce mercredi dans un nouveau coup d’État. L’armée annonce avoir pris le “contrôle total du pays”, arrêté le président Umaro Sissoco Embaló et suspendu le processus électoral alors que le pays attendait les résultats de la présidentielle et des législatives.
Le putsch est survenu en milieu de journée à Bissau. Des tirs ont été entendus autour du palais présidentiel. Des hommes en tenue militaire ont ensuite bloqué la principale avenue menant vers l’édifice. Habitants et automobilistes ont fui la zone sous des rafales répétées.
Quelques heures plus tard, le général Denis N’Canha, chef de la maison militaire de la présidence, est apparu au siège de l’état-major. Entouré de militaires armés, il a déclaré qu’un “Haut commandement pour la restauration de l’ordre” dirigeait désormais le pays jusqu’à nouvel ordre.
Le chef de l’État sortant, candidat à la présidentielle de dimanche dernier, a été arrêté. Il est détenu à l’état-major, “bien traité” selon l’armée. Le général N’Canha dit vouloir “garantir la sécurité nationale” et “rétablir l’ordre”. Il a révélé l’existence d’un “plan visant à déstabiliser le pays avec l’implication des barons nationaux de la drogue”.
Une prise de pouvoir en pleine crise électorale
Le principal opposant, Domingos Simões Pereira, dirigeant du PAIGC, a aussi été arrêté. Il avait été écarté du scrutin présidentiel. Des hommes armés ont fait irruption au siège de campagne du candidat Fernando Dias, allié de M. Pereira, et ont lancé des gaz lacrymogènes pour les arrêter. La situation de M. Dias restait inconnue en fin de journée.
La Commission nationale des élections a elle aussi été attaquée par des hommes armés non identifiés, selon un responsable de la communication de l’institution.
La veille du coup de force, le camp d’Umaro Sissoco Embaló et celui de Fernando Dias revendiquaient chacun la victoire. Les résultats provisoires officiels étaient attendus jeudi.
Fin octobre, l’armée disait déjà avoir déjoué une tentative de “subversion de l’ordre constitutionnel”. Les proclamations de résultats ont souvent déclenché des crises en Guinée-Bissau. En 2019, plusieurs mois de blocage avaient opposé M. Embaló et Domingos Simões Pereira, chacun revendiquant la présidence.
Avec AFP