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Francophonie : les pays de l’AES se retirent de l’OIF

L’Organisation internationale de la francophonie (OIF) va perdre trois membres à la fois. Le Burkina Faso, le Niger et le Mali, regroupés au sein d’Alliance des Etats du Sahel annoncent leur départ de l’organisation. C’est une énième conséquence du divorce des trois pays avec la France dans un contexte de crise politique.

Pour ses 5O ans, la Francophonie aurait sans doute souhaité un meilleur cadeau. A la veille du 20 mars, date historique de naissance de l’ancêtre de l’OIF, trois Etats claquent la porte de l’organisation. Et pas des moindres. Ce sont trois pays membres fondateurs. Et la présence du Niger parmi eux en rajoute à la symbolique. C’est en effet Niamey, la capitale nigérienne, qui a abrité le sommet de création le 20 mars 1970 de l’Agence de coopération culturelle et technique qui deviendra plus tard Organisation internationale de la francophonie. 

Crise politique

Pays en transition politique sous la direction de régimes militaires, le Burkina, le Mali et le Niger sont désormais réunis au sein de la Confédération AES (Alliance des Etats du Sahel). C’est un communiqué conjoint des ministres des affaires étrangères de l’organisation qui a annoncé le départ du trio d’Etats de l’OIF. Le reproche principal porte sur la gestion de la transition dans ces pays :

“Depuis l’avènement de la transition au Mali, au Burkina puis au Niger, l’OIF, au lieu d’accompagner ces pays dans la réalisation des aspirations légitimes de leurs peuples, conformément à ses objectifs de paix, de coopération et de solidarité, s’est illustrée par l’application sélective de sanctions sur la base de considérations géopolitiques et le mépris pour leur souveraineté devenant ainsi un instrument politique téléguidé”.

Avant la publication du communiqué du 18 mars, le Niger avait déjà annoncé avoir engagé une procédure de retrait de l’OIF. Cette dernière va ensuite révéler que le Burkina Faso avait entamé le même processus. L’annonce du Mali n’était alors qu’une question de temps, les trois pays faisant front commun dans leur rupture avec la France. 

Rupture avec la France

Les trois pays étaient jusqu’ici suspendus par l’OIF en raison des coups d’Etat qui y sont intervenus contre des présidents élus. Mais, ils ont à leur tour rompu leurs relations diplomatiques avec la France, ancienne puissance coloniale qui était alors un partenaire privilégié notamment sur le plan militaire pour combattre le terrorisme. Le froid avec la France a déjà conduit au renvoi des troupes françaises du Mali, Burkina Faso et du Niger. 

Avant l’OIF, les trois pays du Sahel avaient quitté la CEDEAO. La procédure enclenchée en janvier 2024 a abouti un an plus tard au retrait effectif de l’organisation ouest-africaine. Là aussi, la France était pointée du doigt, accusée par les Etats frondeurs comme ayant une influence sur la CEDEAO notamment pour demander une intervention militaire au Niger en vue de rétablir le président Mohamed Bazoum déchu par coup d’Etat en juillet 2023. 

“Dommage collatéral”

Avec tous ces éléments dans le contexte, “l’OIF considère peut-être être un dommage collatéral d’une situation géopolitique qui la dépasse”, a déclaré Oria Vande Weghe, directrice de la communication et porte-parole de l’organisation. Elle réagissait alors sur TV5 à l’annonce du retrait du Niger. “On n’est jamais content d’entendre qu’un membre quitte la famille. Néanmoins, on est obligé de respecter la souveraineté des Etats”, a-t-elle affirmé. 

L’histoire institutionnelle de l’OIF a commencé le 20 mars 1970 par la signature à Niamey de la convention de création de l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT). C’était alors les bases d’une organisation intergouvernementale unie par une langue commune : le français.  En 1998, l’ACCT prend une nouvelle dimension et devient l’Agence intergouvernementale de la Francophonie. Puis, en 2005, elle adopte son nom actuel, l’Organisation internationale de la Francophonie. En plus de la coopération culturelle, l’OIF a depuis ajouté une dimension politique à son intervention auprès de ses 93 Etats membres, associés et observateurs. L’organisation a son siège à Paris.  

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