En tournée depuis le 1er avril 2025 pour l’installation des conseils départementaux, le président du Conseil économique et social (CES) a échangé avec les différentes couches socio-professionnelles sur divers sujets majeurs. Parmi les préoccupations soulevées, l’émigration clandestine dans la Donga retient particulièrement l’attention.
Face à la précarité économique, de nombreux jeunes de la Donga quittent la région au péril de leur vie. Ils tentent d’émigrer clandestinement en Europe via les pays du Maghreb comme l’Algérie et la Libye.
Le phénomène prend de l’ampleur selon plusieurs interventions. Des témoignages glaçants marquent les esprits. “J’ai traversé le désert, l’eau, mais arrivée en Algérie, les conditions n’étaient pas favorables pour moi. Raison pour laquelle, je suis revenu dans mon pays”, raconte Saliou Abdou Kadiri, un ancien migrant habitant à Djougou.
Devant les membres du CES, des citoyens expriment leurs doléances et appellent à des solutions durables.
Des actions multi-secteurs
Les différents témoignages ont refroidi l’assistance. Les autorités départementales constatent que ces départs clandestins deviennent monnaie courante dans la Donga. Une situation préoccupante qui appelle à des solutions concrètes. “Si le CES peut rapidement se saisir de la question de l’emploi des jeunes, nous pouvons régler le problème de l’émigration”, a plaidé Jacques Rolland Amadou, préfet du département de la Donga.
Le Conseil économique et social (CES) voit un tableau sombre. Pour Conrad Gbaguidi, président du CES, des actions multi-secteurs doivent être mises en œuvre pour faire face au phénomène :
“La Chambre de l’agriculture, la Chambre de l’artisanat, la Chambre du commerce, le Patronat, le secteur de l’art de la culture,… tout le monde va devoir être mis à contribution aussi bien, du point de vue de la formation que de l’ouverture des débouchées pour que chacun puisse améliorer son pain quotidien. Nous allons très vite nous réunir”.
En décembre 2024, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le gouvernement du Bénin avaient rapatrié 150 migrants béninois. L’opération s’inscrivait dans un vaste programme visant à faire rentrer au Bénin 267 migrants béninois bloqués en Algérie.
Sur le même sujet