À Porto-Novo du 20 au 21 mai 2026, des femmes leaders, élues locales, candidates et actrices de la société civile ont partagé expériences, stratégies et ambitions autour d’un même défi : renforcer la participation politique des femmes en Afrique de l’Ouest francophone. Organisée par le Réseau des femmes leaders pour le développement (RFLD), la formation s’inscrit dans le cadre de l’initiative Afroféministe pour le développement des droits humains en Afrique de l’Ouest francophone portée par le programme SEA-T du BMZ avec l’appui de la GIZ.
Après Dakar, la capitale béninoise accueillait cette étape régionale réunissant des participantes venues du Bénin, du Sénégal et du Togo. À l’ouverture des travaux, la responsable des subventions du RFLD, Sandrine Chikou, a salué “l’engagement remarquable” des participantes avant de rappeler l’importance de créer des espaces d’apprentissage capables de transformer durablement le leadership féminin dans la sous-région.
Même son de cloche chez le directeur régional du RFLD, John Gbenagnon, pour qui cette cohorte dépasse le simple cadre d’une formation. “Nous voulons construire un réseau de femmes capables d’influencer les politiques publiques et de se soutenir au-delà des ateliers”, a-t-il expliqué, annonçant plusieurs activités régionales prévues au second semestre 2026.
Au fil des échanges, les participantes ont approfondi plusieurs thématiques liées au leadership féminin, à l’afroféminisme, au Protocole de Maputo, à la mobilisation communautaire, aux violences basées sur le genre, au plaidoyer numérique et à l’autonomisation économique des femmes.
Les discussions autour du programme “Women, Business and the Law” ont particulièrement retenu l’attention. Pour l’expert en gouvernance locale Nestor Idohou, l’enjeu majeur reste l’appropriation des textes existants. “Des lois existent, mais encore faut-il savoir les utiliser”, a-t-il insisté, rappelant que plusieurs femmes demeurent confrontées à des inégalités liées à l’accès au financement, au patrimoine ou encore à l’emploi.
La formation a également permis d’aborder les défis des espaces civiques numériques, la sécurité digitale et les stratégies de plaidoyer face à la désinformation. Pour les organisateurs, il devient indispensable d’outiller les femmes afin qu’elles puissent mieux défendre leurs droits et accompagner d’autres femmes engagées dans leurs communautés.
Au-delà des communications et des travaux de groupe, cette rencontre aura surtout favorisé la naissance d’une dynamique de solidarité entre femmes engagées. Une cohorte décidée à porter plus haut la voix des femmes dans les sphères politiques, économiques et sociales.
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