Promulguée, la loi portant cadre juridique de la chefferie traditionnelle au Bénin suscite des incompréhensions. Face aux critiques, l’exécutif clarifie par la voix du porte-parole du gouvernement et celle du ministre du tourisme, de la culture et des arts.
Le Bénin dispose désormais d’une loi qui reconnaît et structure la chefferie traditionnelle. Cette nouvelle législation est le fruit d’un travail scientifique conduit par une commission d’experts. Elle vise à établir un cadre juridique clair pour les différentes formes d’autorité traditionnelle présentes dans le pays.
Une conférence de presse tenue à Cotonou par le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, et le ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Jean-Michel Abimbola, a permis de clarifier les enjeux et les implications de cette loi pour les communautés béninoises.
D’emblée, il convient de savoir que le gouvernement veut valoriser la place de la chefferie traditionnelle dans le développement du pays.
Clés de reconnaissance officielle : territoire, pouvoir et structure sociale
Un élément central de cette loi est la reconnaissance officielle de différentes catégories de chefferies traditionnelles. Cette reconnaissance est basée sur des critères objectifs et une période de référence historique qui remonte à l’ère précoloniale.
“Au moment où nous faisions notre travail, nous avions plus de 300 rois. Nous nous sommes alors basés sur des critères objectifs et scientifiques. Nous avons fait notre travail avec rigueur et de manière impartiale”, a fait remarquer le président de la commission, Professeur Bienvenu Akoha.
L’État béninois reconnaît désormais :
- 16 royaumes : représentant les chefferies centralisées avec une autorité bien établie sur un territoire défini;
- 80 chefferies supérieures : désignant les chefferies peu centralisées exerçant un pouvoir significatif au sein de leurs communautés;
- 10 chefferies coutumières : regroupant les chefferies non centralisées, ancrées dans les traditions et les coutumes locales.
Cette classification repose sur trois critères essentiels :
1. Le territoire : l’étendue géographique sur laquelle la chefferie exerce son influence;
2. Le type de pouvoir exercé : la nature et l’étendue de l’autorité du chef traditionnel;
3. La structure sociale : l’organisation hiérarchique au sein de la communauté.
Quid des chefferies non classées ? la réponse du gouvernement
Une question importante soulevée lors de la conférence de presse concerne le sort des entités traditionnelles qui ne correspondent pas aux trois catégories reconnues. Le ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts a apporté une clarification rassurante.
“Ces entités sont désormais considérées comme des “chefferies communautaires“, a indiqué Jean-Michel Abimbola.
Selon le ministre, “l’objectif n’est en aucun cas de ‘découronner’ qui que ce soit, mais plutôt de clarifier les différentes formes d’autorité traditionnelle existantes”.
Une loi pour valoriser l’histoire et les traditions du Bénin
Les conférenciers ont insisté sur l’importance pour les citoyens de s’approprier cette loi de manière positive. Elle est présentée comme une démarche visant à valoriser toutes les composantes de l’histoire nationale. Ils assurent qu’aucune trace de notre histoire commune ne saurait entrer dans l’oubli et qu’aucune tradition ancestrale ne sera négligée.