Le Sénat français a adopté une loi-cadre pour faciliter les restitutions de biens culturels notamment africains pillés entre 1815 et 1972. Le texte intervient dans un contexte où les anciennes colonies françaises dont le Bénin réclament des objets à la France.
La loi approuvée à l’unanimité le mercredi 28 janvier 2026 favorise la dérogation au principe d’inaliénabilité des collections publiques françaises et évite au Parlement l’examen de chaque demande de restitution. Avant cette loi“il fallait faire une loi spécifique pour chaque objet demandé”, précise Marie-Cécile Zinsou, historienne de l’art.
Le texte prévoit des comités scientifiques composés de chercheurs français et de chercheurs du pays demandeur. “C’est une étape très positive avec de nouvelles procédures qui vont permettre aux Etats demandeurs comme le Bénin, d’autres pays d’Afrique et même d’Europe de pouvoir formuler des demandes de retour d’objets du patrimoine”, se réjouit Marie-Cécile Zinsou.
La loi prend en compte les biens pillés entre 1815 et 1972 notamment en Afrique. Cette période a été choisie “parce qu’elle est très importante dans l’évolution de la loi sur le patrimoine en France”, a expliqué Dr. Richard Sogan, muséologue invité dans le JT ce 29 janvier.
2016 comme déclic
En 2016, l’Etat béninois a formulé la demande de restitution des biens culturels béninois volés lors de la conquête coloniale et gardés dans les collections publiques françaises. Une demande restée infructueuse.
Puis en 2017, le président français Emmanuel Macron exprime à Ouagadougou au Burkina Faso, son souhait d’entamer une nouvelle politique patrimoniale avec l’Afrique.
Le Bénin réintroduit sa demande de restitution de ses biens culturels qui aboutit au retour, en novembre 2021, de 26 trésors royaux d’Abomey. Le 13 mai 2025, une 27è œuvre foule le sol béninois : le Kataklè.
Après ce premier lot, l’Etat béninois réclame d’autres œuvres notamment la statue du Vodun Gou, actuellement au Musée du Louvre. D’autres pays africains comme le Sénégal, le Mali, l’Algérie ont également transmis des demandes de restitutions de leurs biens culturels.