Des partisans de partis d’opposition lors d’une marche dans le quartier de Yopougon à Abidjan le 9 août 2025. Photo : Photo par ISSOUF SANOGO / AFP
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Des milliers d’Ivoiriens ont manifesté dans le calme samedi 9 août à Abidjan pour protester contre la candidature à un quatrième mandat du président sortant Alassane Ouattara. Les manifestants, partisans de l’opposition réclamaient aussi la réinscription sur la liste électorale de plusieurs leaders écartés de la présidentielle du 25 octobre.
La manifestation était organisée par le Front commun composé des deux principales formations d’opposition, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI). Leurs deux chefs, Tidjane Thiam et Laurent Gbagbo, ont été exclus de la course à la présidentielle par des décisions de justice, le premier pour des questions de nationalité, le second pour une condamnation pénale.
Agitant des drapeaux ivoiriens ou de leurs partis, les manifestants scandaient : “On ne veut pas de quatrième mandat!”, “On veut la candidature de Gbagbo et Thiam!”.
“C’est une mobilisation historique qui montre que le peuple de Côte d’Ivoire est debout face à l’intransigeance“, a déclaré devant les manifestants, Noël Akossi Bendjo, vice-président du PDCI.
“C’est un avertissement, il faut que le pouvoir nous comprenne. Nous ne voulons pas d’un quatrième mandat anticonstitutionnel et nous demandons que nos leaders soient réinscrits sur la liste électorale”, a ajouté Sébastien Dano Djedje, président exécutif du PPA-CI.
Les manifestants se sont ensuite dispersés sans heurts. “Nous avons manifesté dans la paix et la discipline. Je me réjouis qu’il n’y ait eu aucun désordre. C’est une leçon de civisme et de patriotisme”, a déclaré Tidjane Thiam, hors du pays depuis près de cinq mois, dans un message sur les réseaux sociaux.
Le 29 juillet, Alassane Ouattara, au pouvoir depuis 2011, a annoncé sa candidature pour un quatrième mandat, assurant que la Constitution l’y autorise.
Tension
La loi fondamentale ivoirienne prévoit un maximum de deux mandats, mais le Conseil constitutionnel a estimé en 2020 qu’avec la nouvelle Constitution adoptée quatre ans plus tôt, le compteur des mandats présidentiels avait été remis à zéro. Ce que l’opposition a toujours contesté.
Outre Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, d’autres dirigeants d’opposition sont exclus de la course en raison de condamnations pénales : l’ancien Premier ministre en exil Guillaume Soro et l’ex-bras droit de Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé.
Le climat politique reste tendu à moins de trois mois du scrutin, notamment après l’interpellation ces dernières semaines de plusieurs membres du PDCI et du PPA-CI. L’opposition dénonce des “enlèvements” et un “harcèlement“, tandis que les autorités assurent qu’il n’y a aucune “arrestation arbitraire” dans le pays.
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Avec AFP