L’audience à la session criminelle concernant l’affaire Dangnivo reprise ce 19 mars 2025 a été suspendue pour reprendre le 08 avril. La cour a entendu un seul témoin : Firmin Boko, ancien capitaine de gendarmerie de Cotonou et membre de la commission d’enquête.
Avec Tognon Doudedji Fatchina (depuis le Tribunal de Cotonou)
Firmin Boko, ex-capitaine de gendarmerie et président de la commission d’enquête jusqu’au 12 octobre 2010, a expliqué comment il est intervenu dans l’affaire Dangnivo. De la mise en place de la commission d’enquête composée de quatre membres par le juge, par note de service, à la clarification des différentes arrestations, presque tout a été passé en revue.
Firmin Boko précise que ce sont les aveux d’Alofa qui lui ont permis d’arrêter Donatien Amoussou, l’ancien agent de la SAGAM.
Premièrement, il fait remarquer que, selon les mêmes aveux, Alofa aurait ôté la vie à Pierre Urbain Dangnivo avec la participation active d’Isidore Akon, jusqu’ici porté disparu dans le dossier. Pour accomplir son forfait, Alofa aurait, selon ses dires, donné un comprimé à la victime, qui, sous l’effet du médicament, aurait été étranglée avant d’être dépossédée de quelques organes.
Aveux contestés
Ces aveux ont été formellement contestés par Alofa à la barre. Il affirme avoir été contraint par le colonel Koumansségbo et l’adjudant Lucien Dègbo afin qu’il accuse Donatien Amoussou de complicité. En effet, il aurait déclaré, selon les aveux recueillis par le capitaine Firmin Boko, que le médicament utilisé pour déséquilibrer la victime lui avait été remis par Paulo, un Nigérian également porté disparu dans le dossier. Ce dernier lui aurait confié qu’il avait reçu ces médicaments de Donatien Amoussou. Donatien les aurait obtenus d’un collègue de la SAGAM avec qui, il préparait un coup. Ce que récuse énergiquement Donatien Amoussou sans hésitation.
Les conseils s’étonnent que Priso, celui qui aurait retrouvé le téléphone de la victime, ne soit pas poursuivi par la Justice alors qu’il est également porté disparu. De plus, ils s’interrogent sur la manière dont le téléphone de la victime a atterri à la Présidence de la République, entre les mains de feu Lucien Dègbo. Selon Firmin Boko, il s’est simplement rendu à la Présidence pour récupérer le téléphone chez Dègbo, contre décharge, dans le cadre de l’enquête.
Il a également été relevé par les conseils que la voiture de Sa Majesté Gbèzé Tchédji est introuvable, alors qu’elle avait été mise sous scellés par ses soins. Il répond avoir remis les scellés à l’autorité judiciaire et ne saurait être tenu responsable de ce qu’il en est advenu par la suite. L’audience a été suspendue. Elle reprend le 8 avril 2025.
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