A la UneCultureFlash infos

Gaani : tout savoir sur la « Kayessi », jour des allégeances et du rasage de tête

À l’occasion de la fête identitaire de la Gaani à Nikki, la “Kayessi” demeure un moment important. Entre rasage rituel des princes et princesses et renouvellement d’allégeance des têtes couronnées, ce rite ancestral continue de marquer la vie du royaume. Sariki Bachirou, Secrétaire général du palais royal de Nikki, nous en explique le sens et la portée.

La « Kayessi », c’est le jour du renouvellement des allégeances. Toutes les têtes couronnées du Baru Tem viennent à la Gaani pour réaffirmer leur soumission au Sinaboko, le souverain suprême. C’est une manière de dire qu’il reste leur chef, quelle que soit la conjoncture. C’est un rituel de fidélité et de cohésion au sein de l’Empire.

Au cours de ce même jour, s’effectue le baptême des princes et princesses wassangari. Sariki Bachirou, Secrétaire général du palais royal de Nikki, nous l’explique en 5 questions.

On parle souvent du rasage lors de la Kayessi. Quel en est le sens ?

Le rasage des princes et princesses est fondamental dans l’aristocratie wassangari. La noblesse n’est pas acquise, elle est innée. Mais pour la manifester et la valider, il faut passer par ce rituel. C’est la Reine-mère, appelée Gnon Kogui, qui en est la gardienne. À travers ce geste, le prince ou la princesse affirme sa filiation noble et reçoit son prénom princier. C’est un passage obligé pour être pleinement reconnu.

Pouvez-vous nous décrire comment se déroule ce rituel ?

Il se déroule en quatre étapes :

1. La reconnaissance de la filiation. La Reine-mère n’accueille que ceux dont la lignée wassangari est authentifiée.

2. Le premier coup de rasoir. Avec une lame spécifique à chaque dynastie impériale, elle coupe une touffe de cheveux, puis applique une potion sacrée faite de miel et d’autres éléments, accompagnée de prières de bénédiction.

3. Le rasage complet. Après ce geste symbolique, le prince rampe pour ressortir et se fait raser la tête par les coiffeurs attitrés.

4. La consécration. La Reine-mère recouvre la tête rasée de la potion et attribue un prénom princier. Enfin, le nouveau prince se présente aux trompettistes qui proclament son nom et sa lignée au son de la trompette.

C’est une cérémonie qui consacre véritablement l’identité et la noblesse de l’enfant.

Pourquoi ce rituel est-il lié à la Gaani ?

La Gaani rassemble toutes les têtes couronnées du royaume, ce qui en décuple la portée symbolique. Être rasé ce jour-là, c’est comme recevoir une bénédiction devant tout le clergé d’une grande religion : prestige, légitimité et chance s’en trouvent amplifiés.
Cependant, la Reine-mère peut aussi se déplacer pour officier à la demande d’une communauté, en dehors de la Gaani.

Qui est exactement la Reine-mère, la Gnon Kogui ?

La Reine-mère est traditionnellement la sœur aînée du Sinaboko. Elle a deux missions essentielles : vérifier la filiation des enfants et leur conférer leur identité princière, mais aussi s’occuper des affaires féminines de l’Empire. Elle est donc une figure centrale de la continuité dynastique.

Quel message adressez-vous pour conclure ?

La Kayessi est un moment fort de notre culture et de notre identité. Elle mérite d’être suivie avec autant d’attention que le passage devant l’ensemble sacré. J’invite donc tous ceux qui viennent à Nikki à patienter et à assister à cette cérémonie unique, car elle témoigne de la vitalité de nos traditions.

Lire aussi : Gaani 2025 : au cœur du parcours rituel à Nikki

Articles similaires

Assemblée nationale du Bénin : 10 questions-réponses essentielles sur l’entrée en fonction des nouveaux députés

Vincent Agué

Bénin : des campus numériques bientôt construits

SRTB

Drame : accident suivi d’incendie d’un bus à Bodjécali (Malanville)

SRTB
Chargement....