Le 7 août 2025, le haut-commissaire à la prévention de la corruption (HCPC), Jacques Migan, a dévoilé les conclusions d’une enquête sur la gestion des projets d’investissements dans les secteurs de l’eau et de l’électricité à Parakou, entre 2016 et 2025. L’audit a été mené à la suite des accusations de détournement de fonds lancées par l’ancien ministre, Paulin Akponna.
Le rapport de l’audit n’établit aucune preuve de malversations financières.
“Les allégations de détournement de fonds ont été rejetées par la Commission. Aucun élément n’a permis d’établir la moindre preuve de malversations ou de détournements de fonds publics”, a affirmé le Haut-Commissaire à la Prévention de la Corruption (HCPC), Jacques Migan.
A en croire le contenu du rapport, les 31,6 milliards de FCFA investis dans les secteurs de l’eau et de l’électricité à Parakou, entre 2016 et 2025, ont contribué à une amélioration des infrastructures dans la commune. Le réseau d’eau potable a considérablement été élargi, passant de 445 à 1 141 km, avec une augmentation de la capacité de production de 500 %. Le nombre d’abonnés à l’eau potable a ainsi augmenté de 70 %.
De même, le secteur de l’électricité a vu une hausse importante du nombre d’abonnés (+84 %) et une stabilisation de la capacité locale de production. Des forages ont été réalisés pour desservir les quartiers non raccordés.
Des failles à corriger
Malgré ces progrès, l’enquête a révélé des lacunes dans la gestion, notamment une définition imprécise des besoins lors de la passation des marchés et un manque de personnel qualifié dans le ministère de l’Énergie. La Commission recommande une réforme des procédures de passation des marchés et la création d’unités focales anticorruption dans les ministères concernés.
Accusations de détournement
Les accusations de détournement de fonds avaient été formulées par Paulin Akponna lors d’un meeting à Parakou, le 21 juin 2025. L’ex-ministre avait dénoncé des “siphonneurs du budget national”, insinuant qu’une partie des fonds destinés à l’électrification et à l’eau potable avait été détournée. Cependant, l’enquête n’a trouvé aucune preuve pour étayer ces accusations.
Face à l’absence de fondement de ses allégations, l’ancien ministre Akponna a présenté ses excuses publiques pour avoir semé des doutes injustifiés. Il a reconnu avoir commis une erreur de communication et a exprimé des regrets pour la polémique qu’il a créée. Paulin Akponna a également présenté ses excuses à son prédécesseur Samou Seïdou Adambi, au président Patrice Talon et à la nation béninoise.
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