Ce 18 mars est dédié à la journée mondiale du recyclage. Initiative du Bureau of International Recycling (BIR), la journée vise à promouvoir la consommation de produits fabriqués à partir de matériaux recyclés.
La journée mondiale du recyclage permet de sensibiliser le grand public aux enjeux du recyclage.
Forte production de déchets
En 2019, environ 22 millions de tonnes de plastique se sont retrouvées dans les sols, les rivières et les océans. Les études indiquent également que les fuites de plastique devraient doubler d’ici à 2060.
Au Bénin, la production des déchets solides est estimée à plus de 450.000 tonnes, rien que dans le Grand Nokoué qui regroupe autour de Cotonou, quatre autres villes du Sud Bénin (Ouidah, Abomey-Calavi, Sèmè Podji et Porto-Novo). Des enquêtes réalisées en 2017 et 2019 ont permis de recenser plus de 1.000 dépotoirs sauvages.
Comme d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, le Bénin est également un importateur de matières plastiques. En 2019, 6,7 millions de kg de plastiques ont été importés dans le pays, dont du polyvinyle, de l’éthylène et de l’aluminium.
Pourquoi recycler ?
Le recyclage permet de préserver les ressources naturelles et de limiter les émissions de gaz à effet de serre. Le fait de recycler réduit la demande en matières premières. Moins on produit la matière première, moins on libère dans la nature le gaz toxique à l’origine du changement climatique.
Par ailleurs, lorsqu’on recycle les déchets, on limite l’extraction de nouvelles matières premières. Par conséquent, on réduit l’impact direct sur les écosystèmes.
Le Bénin, bon élève
L’État béninois a créé en novembre 2018 la Société de gestion des déchets et de la salubrité (SGDS SA) dans la droite ligne du Projet de Modernisation de la Gestion des déchets solides ménagers. Le projet a pour ambition de collecter plus de 500 000 tonnes de déchets chaque année. Depuis son lancement, la SGDS encourage auprès des populations, le tri et la valorisation des déchets.
En dehors des actions menées par le gouvernement béninois, des Ong, des associations et des particuliers s’investissent dans la gestion des déchets.
Basée dans la ville de Savalou, l’Ong ‘‘Monde solidaire Bénin’’ recycle les papiers, les cartons et tout autre déchet. “Leur traitement sert à fabriquer du charbon biologique et du compost”, a témoigné Yves Lokossou, directeur exécutif de l’Ong sur Radio Bénin.
Depuis 2017, l’activiste écologiste béninoise Sandra Idossou a initié “Eco-running”. Son initiative sensibilise les populations sur les comportements écocitoyens.
La Compagnie Béninoise de Production de Polypropylène (CBPP SA) s’illustre aussi dans le recyclage. Cette entité propose des solutions novatrices visant à moderniser la gestion des déchets. La compagnie ambitionne d’investir dans l’exploitation d’une unité industrielle de recyclage des déchets plastiques en granulés de propylène à commercialiser.
Economie circulaire
Cependant, les différentes initiatives d’éco-citoyenneté sont loin d’être une panacée pour une gestion durable des déchets.
“Nous ne pouvons plus continuer par ramasser tous les déchets en vrac et aller les enfouir au centre d’enfouissement technique parce qu’on va les combler et ça va être compliqué”, prévient Dr Victor Gbedo, spécialiste en sauvegarde de l’environnement et gestion des déchets.
Selon cet enseignant chercheur, le recyclage est indispensable parce qu’il “nous permet d’entrer dans une économie circulaire”. Dr Gbedo justifie : “L’ordure c’est de l’or dur”.
A ce propos, il faut souligner que le Bénin a lancé le 15 mai 2024 son Plan d’action national pour l’économie circulaire. Ce plan bénéficie de l’appui de la Banque africaine de développement. Il prône une croissance économique respectueuse de l’environnement.