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Olympe Bhêly-Quenum : 100 ans d’une plume qui ne s’éteint pas

L’écrivain béninois Olympe Bhêly-Quenum revient sur une vie consacrée aux lettres, à la mémoire et à la transmission.

À Ouidah, il y a un siècle naissait celui qui allait devenir l’une des grandes voix de la littérature béninoise. Olympe Bhêly-Quenum célèbre ses 100 ans ce 20 septembre 2026. “Je suis un homme heureux”, confie le romancier béninois.

Un siècle de vie, mais surtout un siècle marqué par les livres, le journalisme, la culture et une plume qui n’a jamais cessé de raconter l’Afrique. 

Né le 20 septembre 1926 à Ouidah, alors au Dahomey, Olympe Bhêly-Quenum grandit dans un environnement où l’histoire, les traditions et les réalités culturelles occupent une place importante. Après des études en France, il devient professeur de lettres avant de s’orienter vers le journalisme et l’écriture.

Écrivain, journaliste et intellectuel, il construit au fil des années une œuvre largement tournée vers l’Afrique et ses réalités. Sa carrière le conduit notamment à diriger de 1962 à 1964 La Vie africaine, un magazine fondé à Paris en 1959 par le journaliste sénégalais Baye Fall, puis à collaborer avec l’UNESCO. Olympe Bhêly-Quenum cofonde avec son épouse  en 1965, le magazine bilingue L’Afrique Actuelle. Il est édité en français-anglais jusqu’en 1969.

Marié en 1953 avec la Française Maryvonne Augustine Georgette Émilienne Leclef, décédée le 11 juillet 2023 à 91 ans, Olympe Bhêly-Quenum est père de quatre enfants à savoir : Marie-Paule décédée le premier mars 2020 à 62 ans, Thierry, Tiphaine et Jean-Gilles. 

Un piège sans fin, le livre qui l’installe 

En 1960, Olympe Bhêly-Quenum publie Un piège sans fin. Le roman raconte le destin d’Ahouna, un homme dont l’existence bascule progressivement dans une succession d’événements tragiques.

C’est le livre qui l’installe dans la littérature africaine. L’ouvrage va bien au-delà d’un seul roman. Dans Un piège sans fin, Olympe Bhêly-Quenum écrit  que “La compréhension est à la source de toute amitié vraie et durable”.  Une phrase parmi celles qui continuent de circuler, des décennies après la publication du roman.

L’ouvrage connaît plusieurs rééditions et devient l’une des œuvres les plus connues de l’écrivain. La Bibliothèque internationale de l’Université Senghor le présente comme une œuvre importante de la littérature négro-africaine.

Mais Un piège sans fin n’est pas le seul livre laissé par Olympe Bhêly-Quenum. Le Chant du lac, publié en 1965, Liaison d’un été en 1968, L’Initié en 1979, Les Appels du Vodou en 1994 ou encore C’était à Tigony en 2000 figurent parmi les autres œuvres de l’écrivain.

À cette liste, s’ajoutent Un enfant d’Afrique, La Naissance d’Abikou et, plus récemment, La Danse du Grand Prêtre publiée en 2022. 

Cette bibliographie montre la diversité d’une plume qui s’intéresse à la société, aux traditions, à la mémoire et aux réalités africaines.

Une plume engagée 

Olympe Bhêly-Quenum n’a jamais limité son engagement aux pages de ses romans. Journaliste et directeur de publication, il participe également au débat intellectuel sur l’Afrique.

Dans ses écrits comme dans ses interventions, il s’intéresse notamment aux traditions, aux cultures et à l’identité africaines. En 1981, il publie ainsi dans Le Monde diplomatique un texte consacré à la littérature béninoise et à son rapport aux traditions et aux réalités sociales du pays.

Olympe Bhêly-Quenum appartient désormais à cette génération d’écrivains dont les œuvres ont accompagné plusieurs générations de lecteurs. 100 ans après sa naissance à Ouidah, le romancier à succès assure dans une vidéo être un homme comblé : 

“Je salue tous ceux qui célèbrent mes cent ans. C’est formidable. Je souhaite autant à tout le monde; je souhaite que tout le monde vive longtemps, le plus longtemps possible. Si vous vivez longtemps, [vous serez] avec vos enfants et votre femme. Moi, je suis un homme heureux, heureux”. 

Joyeux centenaire, Olympe Bhêly-Quenum !

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