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Accord de libre-échange : comment les produits béninois peuvent conquérir le marché émirati

Accord de libre-échange : comment les produits béninois peuvent conquérir le marché émirati

Le Bénin veut faire du marché émirati un débouché pour ses produits agricoles, ses textiles et ses services. En visite de travail aux Émirats arabes unis, le président Romuald Wadagni a obtenu la signature d’un accord de partenariat économique global (CEPA), avec l’ambition de générer plus d’un milliard de dollars d’exportations supplémentaires d’ici à 2033.

Invitée du journal de 20 heures de Bénin TV, Ludmila Azo, directrice générale du Commerce extérieur et de l’Intégration économique au ministère du Tourisme et du Commerce extérieur, a expliqué les principales dispositions de cet accord et les opportunités qu’il pourrait offrir aux entreprises béninoises.

Le cajou, le coton, le soja et des milliers de produits béninois admis sans droits de douane

Selon Ludmila Azo, l’accord prévoit un accès préférentiel au marché émirati pour plus de 8 000 catégories de produits béninois. À terme, plus de 9 produits sur 10 devraient pouvoir y entrer sans droits de douane. Les produits prioritaires, notamment le cajou, le coton et le soja, figurent parmi les filières concernées dès l’entrée en vigueur de l’accord.

La mesure doit permettre aux exportateurs de réduire leurs coûts d’accès au marché et de renforcer leur compétitivité. Les économies réalisées sur les droits de douane pourront être conservées par les entreprises ou réinvesties dans leurs activités.

La noix de cajou, brute ou transformée, constitue l’un des produits concernés. Pour les autorités béninoises, la réduction des barrières tarifaires doit aussi soutenir la transformation locale. Le même principe s’applique à la filière coton-textile-habillement (CTH). Les vêtements et autres produits textiles fabriqués au Bénin, notamment dans la zone industrielle de Glo-Djigbé, pourront bénéficier de ces préférences commerciales.

L’accord concerne également d’autres productions agricoles, dont l’ananas, l’huile de palme et le soja. L’objectif est d’élargir les débouchés des producteurs béninois et de favoriser la montée en gamme des entreprises.

Les services et les investissements également concernés

Le CEPA ne se limite pas aux marchandises. Il ouvre aussi des perspectives dans le commerce des services. Les architectes, les consultants et les entreprises béninoises pourront notamment proposer leur expertise à des clients émiratis.

L’accord prévoit par ailleurs des facilités pour les déplacements professionnels. Les entrepreneurs béninois pourront séjourner aux Émirats arabes unis pendant une période de 90 jours afin d’explorer le marché, de rencontrer des partenaires et de négocier des contrats. Des possibilités d’implantation, notamment par l’ouverture de succursales ou de bureaux de représentation, sont également prévues.

Des protections pour les secteurs sensibles

L’ouverture commerciale ne sera toutefois pas immédiate et uniforme pour tous les produits. Selon Ludmila Azo, les négociations ont prévu une ouverture asymétrique des marchés : les Émirats arabes unis accordent des préférences aux produits béninois, tandis que le Bénin dispose de délais pour réduire progressivement les droits de douane sur certains produits émiratis.

Des produits jugés sensibles, notamment certaines catégories de volailles, de riz et de textiles, ont été exclus des engagements de libéralisation tarifaire. Pour d’autres secteurs que le Bénin souhaite développer localement, comme le textile, les jus ou le ciment, la baisse des droits de douane pourra s’étaler sur une période allant jusqu’à 12 ans.

L’accord prévoit également un mécanisme de sauvegarde. Si une hausse des importations menace une filière nationale, le Bénin pourra, sous les conditions prévues, rétablir des droits de douane ou prendre des mesures de protection. Ces dispositions doivent permettre aux entreprises locales de se développer, d’investir et de gagner en compétitivité avant une ouverture plus large du marché.

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