A l’audience du 10 avril du procès de l’affaire Dangnivo, plusieurs incohérences ont été relevées, notamment sur la date d’arrestation de Codjo Alofa, dans une affaire de vol de moto. Une date déterminante pour savoir si le meurtrier présumé était libre ou en détention au moment de la disparition de Pierre Urbain Dangnivo vu pour la dernière fois le 17 août 2010.
Avec Tognon Doudedji Fatchina, envoyé spécial de Radio Bénin au Palais de justice de Cotonou
La question de la date d’arrestation de Codjo Alofa est un nœud du procès en cours. L’intéressé affirme avoir volé une moto le 16 août 2010 et arrêté le même jour par la police, soit à la veille de la disparition de Pierre Urbain Dangnivo. Et ce contrairement à la date du 9 août de la même année, selon dame Yvonne Nanlimè, propriétaire de la moto volée.
Selon le récit de la femme devant la cour, Codjo Alofa le principal accusé du meurtre présumé de Pierre Urbain Dangnivo, l’a braquée près de chez elle vers 21H, le 9 août 2010 et a emporté sa moto. Il sera arrêté par des riverains et remis à la police le soir même du braquage.
Pourtant, des incohérences surgissent : certains registres de la police mentionnent des dépositions datées des 23 et 24 août, soit plusieurs jours après les faits présumés, ce qui remet en cause la version racontée par Yvonne Nanlimè qui témoignait devant la cour.
Face à ces contradictions, Me Anassidé Olga, conseil de la défense, a réclamé la comparution d’une autre victime de vol de moto restée anonyme, citée dans une procédure similaire. Procédure qui porte le même numéro que celui du vol d’Alofa !
Autres points troublants
Les avocats ont aussi noté la présence de trois écritures différentes dans les documents officiels de la procédure liée au braquage.
Dans le même temps, dame Yvonne a affirmé avoir découvert en pleine audience qu’une décision judiciaire avait été rendue sans qu’elle ait jamais été entendue.
Pour éclaircir tous les points d’incohérence du dossier, la cour a décidé de renvoyer l’audience au 22 avril prochain. Les membres de la famille de Pierre Urbain Dangnivo pourraient finalement être écoutés lors de cette audience.
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