Aux Etats-Unis, Elon Musk a annoncé la fermeture de l’agence américaine pour le développement international (USAID). Une décision soutenue par Donald Trump et aux conséquences multiples pour les pays africains dont le Bénin.
De la parole aux actes. Tous les bureaux de l’agence américaine pour le développement international, principal opérateur de l’aide au développement des Etats-Unis, vont fermer au plus tard ce vendredi 7 février 2025. Cette décision radicale a été prise par Elon Musk, le richissime homme d’affaires américain chargé par Donald Trump de faire le ménage au sein du gouvernement fédéral. L’homme d’affaires, patron de Tesla, X et SpaceX, a accusé l’agence d’être une “organisation criminelle” et qu’il était “temps pour elle de mourir”.
La fermeture annoncée de l’Usaid fait suite à un décret présidentiel pris par Donald Trump le 25 janvier 2025 gelant l’aide étrangère américaine pendant 90 jours, à l’exception d’Israël, de l’Égypte et l’aide alimentaire d’urgence. Premières conséquences de la décision de fermeture de l’agence, le compte X de l’Usaid a été suspendu et son site Internet est hors service. Plusieurs hauts responsables de l’agence ont été placés en congé administratif.
Angoisse pour de nombreux pays africains
Agence indépendante créée par une loi du Congrès américain, l’Usaid gère un budget annuel de 42,8 milliards de dollars, destiné à l’aide humanitaire et à l’aide au développement à travers le monde. De l’Ukraine à l’Ethiopie, de la Syrie en Afrique du Sud, l’Usaid intervient dans 120 pays.
L’Usaid est d’ailleurs considérée comme le premier pourvoyeur de l’aide humanitaire dans le monde. Un soutien dont bénéficie massivement les pays d’Afrique. En 2023, l’agence avait dépensé 17,4 milliards de dollars, sur le continent africain, soit près du quart de son budget annuel. L’Ethiopie, la RDC, la Somalie, le Nigeria et le Soudan du Sud sont les principaux bénéficiaires de ces engagements financiers.
Dans ces pays, l’aide américaine est destinée à cinq secteurs principaux à savoir : la santé publique, l’agriculture et la sécurité alimentaire, l’éducation et la formation, la gouvernance et l’entrepreneuriat. Les priorités varient en fonction des régions d’intervention. Dans les régions du Sahel et de la Corne de l’Afrique, un accent particulier est mis sur la sécurité, la gouvernance et l’humanitaire. La santé et le renforcement de la démocratie sont les domaines d’intervention prioritaires en Afrique de l’Ouest, tandis que la paix et la stabilité sont privilégiées dans la région des grands lacs.
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Bénin : le secteur santé affecté
Les Etats-Unis sont le deuxième pourvoyeur d’aide publique au développement derrière la Banque mondiale au Bénin.. Le rôle de l’Usaid est donc crucial dans plusieurs secteurs, à commencer par celui de la santé. L’agence américaine est le principal donateur des programmes nationaux de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose. Durant la pandémie de Covid-19, elle a également soutenu le gouvernement béninois dans sa riposte à la maladie.
L’Usaid soutient le système de santé béninois, notamment dans l’amélioration qualitative et quantitative des ressources humaines, dans les politiques de santé qui tiennent compte des données. L’agence encourage aussi les investissements du secteur privé. Dans la marche vers la couverture santé universelle à travers le projet Arch, elle est un grand partenaire du gouvernement béninois. Les programmes de vaccination, en l’occurrence les campagnes contre la polio sont des activités phares de l’aide américaine au Bénin.
Mais l’Usaid n’intervient pas que dans le domaine de la santé. L’agence américaine assiste le pays dans les secteurs de la justice et de la gouvernance. Dans ce cadre, l’agence d’aide publique au développement des Etats-Unis appuie à la fois les actions des institutions de la République mais aussi celles des organisations de la société civile. La Commission béninoise des droits de l’homme et le think tank CiAAF sont quelques-unes des organisations bénéficiaires de l’aide américaine dans ce domaine.
La fermeture de l’Usaid signifie donc un coup d’arrêt à toutes ces interventions. Les conséquences pour le personnel et les populations bénéficiaires seront, sans doute, aussi critiques.