Dès son investiture le 20 janvier, Donald Trump a signé un décret pour entamer le retrait des États-Unis de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Le président américain reproche entre autres à l’institution onusienne sa gestion de la COVID-19. Mais qu’adviendra t-il des partenariats avec les pays africains si le processus va à son terme ?
Cela fait la deuxième fois que les États Unis d’Amérique décident de sortir de la famille onusienne. La principale raison évoquée en 2020 était l’écart entre les contributions chinoises et américaines à l’Organisation mondiale de la santé. “La Chine paie 39 millions et nous 500 millions (dollars), et la Chine est un pays plus grand », avait alors estimé Donald Trump.
Les autorités américaines reprochaient à l’institution de s’être alignée sur les positions de la Chine, foyer de la COVID-19, au début de la pandémie, notamment en sous estimant la gravité du virus.
Quelques heures seulement après son entrée dans le bureau ovale, le président américain revient avec cette même envie d’en découdre avec l’organisation, malgré toute l’inquiétude que cela suscite. Le décret signé par Donald Trump dès son investiture le 20 janvier 2025, amorce la procédure du retrait américain de l’OMS.
Quel impact sur l’OMS ?
Les Etats-Unis restent le plus grand donateur de l’organisation dont le budget annuel est de l’ordre de 2 à 3 milliards de dollars. Sa sortie pourrait être dommageable pour l’OMS aussi bien dans son fonctionnement que dans son accompagnement mondial en matière de santé.
Pour cause, l’institution joue un rôle crucial dans la protection de la santé et de la sécurité des populations du monde entier, en s’attaquant aux causes profondes des maladies, en renforçant les systèmes de santé et en organisant la réponse aux urgences sanitaires comme la COVID-19.
OMS en Afrique
Le rôle de l’OMS n’est pas des moindres sur le continent africain. Elle fait partie des partenaires techniques et financiers (PTF). Si le retrait des Etats-Unis impacte le fonctionnement de l’organisation, les implications pour les systèmes de santé en Afrique pourraient être grandes. Les pays africains devront s’attendre à une réduction des ressources que leur apporte l’OMS.
A l’échelle de ces pays, le soutien technique de l’institution pourrait se raréfier avec la suppression de certains projets et la réorientation de certains budgets. Autrement dit, l’affaiblissement financier de l’OMS pourrait compromettre la capacité à répondre rapidement et efficacement aux crises sanitaires auxquelles sont particulièrement vulnérables les nations africaines où les systèmes de santé sont fragiles.
Que faire alors face à la situation ?
Il faudra agir rapidement et collectivement pour atténuer les impacts. Cela implique une augmentation des budgets nationaux dédiés à la santé, une coopération régionale renforcée et des partenariats stratégiques pour protéger les populations les plus vulnérables.
L’initiative Africa Leadership Meeting (ALM) des dirigeants africains, pour mobiliser des ressources pourrait être la solution. Ce dispositif de haut niveau mis en place en 2019 vise le financement des systèmes de santé avec des ressources régionales.