En pleine crise sanitaire du coronavirus, les autorités béninoises mettent en garde contre la publicité à tout-va de médicaments. La cible, ce sont les patrons des médias. Trois ministres appuyés par le 2ème secrétaire général adjoint du gouvernement les ont rencontrés ce lundi 30 mars 2020. Objectif, donner un « dernier avertissement ».
Face aux patrons de presse, le ministre de la Justice a eu un ton ferme. « Ce qui se fait aujourd’hui est un dernier avertissement lancé aux organes de presse qui sont les principaux agents de cette intoxication à l’échelle nationale », a lancé Séverin Quenum.
Le texte qui interdit la publicité sur les médicaments est le décret 2018-262 du 28 juin 2018. Aux termes de ce décret exposé aux patrons des médias, « est interdite, la publicité portant sur les professions médicales, les activités médicales, les médicaments et autres produits médicinaux ».
Les contrevenants, auteurs, co-auteurs ou complices, risquent des sanctions allant d’un à cinq millions de francs CFA.
« Le décret date de 2018. Les dérives ont continué. On ne peut pas continuer de laisser faire », avertit le ministre Séverin Quenum
Produits qui « traitent 100 maladies à la fois »
Le décret ne s’intéresse pas particulièrement à une catégorie de médicaments. Mais le ministre de la Santé a tenu à attirer l’attention des promoteurs d’organes de presse sur ces médicaments qui « traitent 100 maladies à la fois ». Benjamin Hounkpatin fait allusion aux produits de la pharmacopée traditionnelle présentés comme remèdes à mille et une maladies selon les publicités qu’en font les promoteurs sur les médias.
La publicité des produits indexés, développe le « réflexe d’automédication » chez les populations, indique le ministre de la Santé. Voilà pourquoi, il faut y mettre un terme. L’enjeu est de préserver la santé des Béninois.
Le rappel à l’ordre est loin d’être anodin dans le contexte de l’épidémie du covid-19 qui donne lieu à des rumeurs sur l’efficacité de nombreuses décoctions ou tisanes contre le nouveau coronavirus.