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Mathieu Kérékou : 5 choses à savoir sur le “Caméléon”

Surnommé le “Caméléon” en raison des changements idéologiques et politiques qui ont jalonné sa carrière, Mathieu Kérékou reste une figure incontournable de l’histoire contemporaine du Bénin. De sa prise de pouvoir en 1972 à son départ en 2006, en passant par son évolution religieuse et son initiative en faveur de l’environnement, voici cinq repères pour mieux connaître l’homme et son héritage.

Décédé le 14 octobre 2015 à Cotonou, à l’âge de 82 ans, Mathieu Kérékou a marqué l’histoire du Bénin pendant plus de trois décennies. Militaire devenu chef de l’État, dirigeant marxiste-léniniste puis président élu, il a traversé des périodes politiques profondément différentes. À l’occasion du onzième anniversaire de sa disparition, retour sur cinq aspects marquants de son parcours.

Surnommé le “Caméléon” en raison des changements idéologiques et politiques qui ont jalonné sa carrière, Mathieu Kérékou reste une figure incontournable de l’histoire contemporaine du Bénin. De sa prise de pouvoir en 1972 à son départ en 2006, en passant par son évolution religieuse et son initiative en faveur de l’environnement, voici cinq repères pour mieux connaître l’homme et son héritage.

1. Un militaire arrivé au pouvoir par un coup d’État

Né le 2 septembre 1933 à Kouarfa, dans l’actuel département de l’Atacora, Mathieu Kérékou suit une formation militaire et sert dans les forces armées. Il occupe notamment des fonctions au sein de l’état-major. Le 26 octobre 1972, alors qu’il est chef de bataillon, il prend le pouvoir à la faveur d’un coup d’État. Il devient président de la République et chef du gouvernement. 

Sa carrière militaire se poursuit après son accession au pouvoir. Le 26 avril 1973, il est promu au grade de lieutenant-colonel. Mathieu Kérékou accède ensuite au grade de colonel le 24 avril 1978, avant d’être élevé au grade de général de brigade en 1983.

2. Le dirigeant du régime marxiste-léniniste

En 1975, Mathieu Kérékou fait adopter le nom de République populaire du Bénin, en remplacement de celui de République du Dahomey. Son régime s’inspire alors du marxisme-léninisme. Le Parti de la révolution populaire du Bénin (PRPB) devient le parti unique, tandis que l’État renforce son contrôle sur la vie politique et économique. 

Cette période est marquée par des nationalisations, une forte centralisation du pouvoir et des restrictions des libertés politiques. À la fin des années 1980, la crise économique et les contestations sociales fragilisent le régime.

3. L’homme qui a ouvert la voie au renouveau démocratique

En février 1990, Mathieu Kérékou accepte la tenue de la Conférence nationale des forces vives, organisée dans un contexte de crise politique et économique. Cette rencontre historique ouvre la voie au multipartisme et à une transition démocratique. 

Battu par Nicéphore Soglo lors de l’élection présidentielle de 1991, il quitte le pouvoir. Il y revient par les urnes en 1996, puis est réélu en 2001. 

En 2006, il se retire conformément aux dispositions constitutionnelles relatives à l’âge et à la limitation des mandats présidentiels. Boni Yayi lui succède après avoir remporté l’élection. Cette alternance pacifique marque une étape importante de l’histoire politique béninoise.

4. Une évolution religieuse au fil de son parcours

Le rapport de Mathieu Kérékou à la religion connaît lui aussi des transformations. Élevé dans la tradition catholique, il se réclame de l’athéisme pendant la période marxiste-léniniste. Son régime est alors marqué par des tensions avec plusieurs institutions et communautés religieuses. 

Après son départ du pouvoir en 1991, il affiche une foi chrétienne évangélique. Cette évolution spirituelle devient une dimension notable de son image publique lors de son retour à la présidence en 1996. Elle témoigne des changements idéologiques qui ont marqué son parcours.

5. La Journée nationale de l’arbre, un héritage environnemental

Le passage de Mathieu Kérékou à la tête du Bénin est également associé à une initiative environnementale qui perdure. Sous sa présidence, la Journée nationale de l’arbre, célébrée chaque année le 1er juin et suivie d’une campagne de reboisement, a été instituée en 23 juillet 1985. Cette initiative mobilise les populations, les établissements scolaires, les administrations et les acteurs de la protection des forêts autour de la plantation et de la préservation des arbres. 

Quatre décennies plus tard, cette journée demeure un rendez-vous national consacré à la sensibilisation environnementale et au reboisement.

Mathieu Kérékou meurt à Cotonou le 14 octobre 2015, à l’âge de 82 ans. 

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