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Colloque international à Cotonou : repenser la régulation des médias à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle

La Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication (HAAC) a ouvert ce jeudi matin à Cotonou, un colloque international de trois jours, sur le thème : “Régulation médiatique des élections à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle”. L’événement, organisé dans le cadre du 30e anniversaire de l’institution, réunit des régulateurs africains, journalistes, experts du numérique, représentants de plateformes, autorités électorales et membres de la société civile.

La Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) a ouvert ce jeudi matin à Cotonou, un colloque international de trois jours, sur le thème : “Régulation médiatique des élections à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle”. L’événement, organisé dans le cadre du 30e anniversaire de l’institution, réunit des régulateurs africains, journalistes, experts du numérique, représentants de plateformes, autorités électorales et membres de la société civile.

Face à la montée en puissance des réseaux sociaux, des fausses informations, des deepfakes et autres algorithmes opaques, les autorités de régulation des médias réfléchissent aux moyens de garantir une information fiable et équilibrée en période électorale. C’est l’objectif de ce colloque international qui se tient à Cotonou dans un contexte où le Bénin se prépare pour les élections générales de janvier et avril 2026. 

Le président de la HAAC, Édouard Loko, a mis en garde contre les risques liés à l’exploitation des technologies avancées en période électorale. 

 “Nous pourrions être confrontés à des résultats électoraux falsifiés par des algorithmes, publiés par des médias eux-mêmes piégés”, a-t-il avancé comme exemple pour souligner la complexité de l’usage de l’intelligence artificielle.

Pour lui, l’intelligence artificielle, tout en étant un outil, peut aussi devenir un facteur de confusion et de manipulation. Face à cette menace, il appelle à une mobilisation collective. “L’intelligence humaine réunie dans le cadre du colloque saura tracer des pistes pour dompter l’intelligence artificielle”, espère Édouard Loko.

Tournant décisif pour les régulateurs

Dans un monde qui donne la possibilité à chacun de devenir producteur d’information en temps réel, la régulation traditionnelle atteint ses limites. Les médias classiques voient leur rôle concurrencé par les réseaux sociaux, où les fausses informations abondent. René Bourgoin, président de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) de Côte d’Ivoire et du Réseau des instances africaines de régulation de la communication (RIARC), a indiqué le défi qui s’impose aux régulateurs.

Il nous faut bâtir une régulation forte, efficace et proactive, capable d’anticiper les dérives numériques et de préserver la démocratie” selon le président du RIARC.

L’État béninois mise sur la modernisation de la HAAC

Représentant le président Patrice Talon, la Vice-présidente de la République, Mariam Chabi Talata Zimé Yérima, a remonté l’histoire mouvementée du Bénin pour démontrer le rôle important de la HAAC dans la consolidation démocratique depuis sa création en 1994. Elle a salué l’initiative du colloque avant d’évoquer la modernisation structurelle de l’institution de régulation.

Le Bénin s’engage à doter la HAAC d’outils technologiques modernes, à renforcer la formation de ses membres et à stimuler la coopération avec les autres acteurs de l’écosystème médiatique”, a annoncé Mariam Chabi Talata.

La vice-présidente a insisté sur la nécessité d’un nouvel arsenal juridique, technique et éthique, capable de faire face aux défis de régulation dans un monde numérique en constante mutation.

Le concept d’endiguement pour encadrer l’IA

Les premiers intervenants de ce colloque, mettent l’accent sur le concept d’endiguement, proposé par Mustapha Souleymane, cofondateur d’un des plus importants laboratoires d’intelligence artificielle. C’est un concept qui vise l’encadrement de l’usage de la technologie pour protéger les démocraties, sans compromettre la liberté d’expression.

Pour la vice-présidente, cette approche n’est ni une censure ni une régression, mais un réalisme protecteur face à la prolifération de contenus malveillants, souvent diffusés à grande échelle par des acteurs anonymes, parfois étrangers.

“Nous devons nous orienter vers une régulation multipartite, inclusive et démocratique. Il est temps de passer d’une logique de rattrapage à une logique d’anticipation”. (Mariam Chabi Talata Zimé Yérima, Vice-présidente de la République)

A l’occasion de ce colloque international à Cotonou, ce n’est pas que le Bénin, c’est toute l’Afrique qui s’engage à reprendre la main sur son destin numérique. Partant de cette initiative de la HAAC, le Bénin affirme également son leadership en matière de régulation et renforce la coopération au sein du Réseau des Instances Africaines de Régulation de la Communication (RIARC).

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